Que désigne la maltraitance ?

Voici la définition officielle de ces mauvais traitements par l’OMS : “La maltraitance des personnes âgées consiste en un acte unique ou répété, ou en l’absence d’intervention appropriée, dans le cadre d’une relation censée être une relation de confiance, qui entraîne des blessures ou une détresse morale pour la personne âgée qui en est victime.”

Qui en sont les victimes ?

Le phénomène est loin d’être marginal : l’Organisation Mondiale de la Santé considère qu’une personne âgée sur 10 est maltraitée chaque mois, et l’association ALMA (ALlo MAltraitance) évalue ce total à 600 000 personnes à partir de 65 ans et au-delà. Il s’agit principalement de femmes (à 75%) âgées de 79 ans en moyenne, souvent dépendantes et fragiles. Ces chiffres apparaissent d’autant plus inquiétants que le nombre de sexagénaires devrait doubler dans le monde à l’horizon 2025.

Qui sont les maltraitants ?

Il s’agit souvent de personnes appartenant à l’entourage familial, aux motivations financières majoritairement, ou issues de l’entourage non familial de proximité : auxiliaires de vie à domicile ou en institution, personnel soignant, démarcheurs divers, etc.

Les actes peuvent être directement malveillants comme les coups, blessures, humiliations, menaces, refus de soins, vols, la liste est longue, mais pas uniquement.

En effet, certains actes peuvent être posés sans intention réelle de nuire, et trouver leur origine dans le manque de moyens et les mauvaises conditions de travail de certains soignants (personnel insuffisant et/ou mal rémunéré), mais pas seulement. Il existe une vraie problématique induite par la tendance de la société actuelle au jeunisme : les individus dans la force de l’âge sont démunis face à des capacités physiques et mentales qui se détériorent, la communication se mue en incompréhension et les relations se détériorent.

Comment y remédier ?

La Fédération de lutte contre la maltraitance (organisme issu de la fusion entre l’ALMA avec l’association HABEO, ou Handicap Âge Bientraitance Écoute Orientation) met à la disposition de tous un numéro national unique, le 3977, joignable de 9h à 19h du lundi au vendredi, au prix d’un appel local depuis un téléphone fixe. L’écoute est assurée par des professionnels formés, qui guident les appelants vers les bons interlocuteurs en fonction du type de maltraitance rencontré.

Ce numéro concerne les victimes mais également les témoins d’actes de maltraitance. Il s’agit même d’une obligation légale qui constitue une exception au principe de réserve du secret professionnel. À savoir, ne pas signaler une maltraitance est passible de 3 ans de prison assortis d’une amende pouvant aller jusqu’à 45000€.

Tout témoin ayant dénoncé ce type de situation bénéficiera d’une protection juridique.

Au-delà de ce type d’intervention, chacun peut, à son niveau, essayer, et pas seulement le 15 juin, de faire preuve de bienveillance à l’égard des seniors, souvent vulnérables.